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L’Opus Dei à la conquête du monde

 

C’est sous le régime du général Franco, qu’Escriva de Balaguer met en place l’Opus Dei. Le directeur de conscience de Franco entreprend grâce à son organisation de sélectionner et de former les élites de la dictature jusqu’à contrôler l’essentiel du pouvoir. Installé par la suite à Rome, il s’emploie à étendre son pouvoir en Amérique latine. L’Opus Dei y opère une gigantesque reprise en main des prêtres latino-américains, coupables de partager les analyses marxistes et de s’opposer aux dictatures catholiques.

Officiellement l’Opus Dei n’est qu’une association catholique internationale. Son activité se bornerait au conseil spirituel de ses 79.303 adhérents (soit 1.506 prêtres, 352 séminaristes et 77.445 laïcs). Des membres qu’elle a choisis dans le gotha latino-américain et européen. Parmi eux des patrons de multinationales, des magnats de la presse et de la finance, des chefs d’Etat et de gouvernement. De chacun, elle exige une austère discipline et une complète obéissance. Aussi, bien qu’elle feigne d’ignorer leurs activités politiques "personnelles", elle peut à travers eux imposer ses valeurs aux peuples.

Cette secte fut fondée le 2 octobre 1928 par un jeune prêtre espagnol, d’origine modeste, l’abbé Escriva. Il s’agissait pour les adeptes de parvenir à la sainteté en participant à l’instauration d’un régime théocratique dont Escriva était le prophète. La guerre civile leur apparue comme l’occasion inespérée d’établir l’Etat catholique de leurs rêves. L’abbé Escriva devint directeur de conscience du général Franco. Ensemble, ils réhabilitèrent le vieux principe "Cujus regio, ejus religio" (tel gouvernement dans un Etat, telle religion dans cet Etat).

L’Opus Dei entreprit de sélectionner et de former les élites de la dictature jusqu’à contrôler l’essentiel du pouvoir. Ainsi, dans les années soixante-dix, le gouvernement de l’amiral Carero Blanco fut qualifié de "monocolor" : sur dix-neuf ministres, douze étaient opusiens. Bien qu’il n’exerça aucune responsabilité directe dans le régime, le "padre" ne cessa de conseiller le généralissime. C’est lui qui suggéra le rétablissement de la monarchie de droit de divin, dont Franco fut proclamé régent à vie.

L’abbé Escriva envisagea de se faire proclamer régent lorsque surviendrait le décès du Caudillo. C’est pourquoi il se fit anoblir en 1968 sous le titre de Mgr Escriva de Balaguer, marquis de Peralta. Mais ce plan fut modifié puisque l’année suivante Franco désigna le prince Juan Carlos Ier de Bourbon pour lui succéder. Tout compte fait Mgr de Balaguer avait d’autres ambitions. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il s’était installé à Rome et s’employait à étendre son pouvoir en Amérique latine. Des oratoires de l’Opus avaient été installés dans les ambassades espagnoles qui facilitèrent ses contacts avec les élites locales. Il prodigua ses conseils spirituels à tous ceux qui ambitionnaient de lutter contre le communisme et d’affermir la foi catholique dans leur pays. Ainsi se précipita-t-il à Santiago du Chili en 1974 pour célébrer une action de grâce avec trois de ses "fils spirituels", le général Pinochet, l’amiral Mérino et le général Leigh.

Monseigneur de Balaguer aurait voulu étendre son "OEuvre" en Europe mais il en fut partiellement empêché par l’isolement diplomatique de l’Espagne. Ses objectifs étaient de recréer une internationale anticommuniste (comparable à l’alliance Franco-Mussolini-Hitler pendant la guerre civile), de désenclaver l’Espagne franquiste et de favoriser la construction européenne.

En 1957, il fit créer à Madrid, par l’archiduc Otto von Habsburg-Lothringen, le Centre européen de documentation et d’information (CEDI) et, grâce à deux autres de ses "fils spirituels", Alcide de Gasperi et Robert Schuman, il pesa sur la rédaction du traité de Rome portant création de la Communauté européenne. Comme le général Franco, le "padre" décéda en 1975. C’est à tort que l’on a cru que l’Opus Dei disparaîtrait en enfer avec eux. L’essor reprit trois ans plus tard, en 1978. Profitant des intrigues qui paralysaient le Sacré Collège, l’Opus Dei réussit à convaincre les cardinaux d’élire l’un de ses prédicateurs comme pape : l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla. Dès lors, la secte allait pouvoir détourner à son profit l’appareil diplomatique de l’Etat du Vatican et l’organisation religieuse de l’Eglise catholique.

Jean-Paul II constitua presque exclusivement son cabinet d’opusiens et s’employa à casser toute résistance au sein de l’Eglise. Pour cela il fit isoler - "pour raison de santé" - le supérieur des jésuites, Pedro Aruppe, et nommer un administrateur provisoire de leur ordre en la personne d’un opusien, le père Dezza. Mais il n’osa pas dissoudre la compagnie de Jésus. Il opéra une gigantesque reprise en main des prêtres latino-américains, coupables de partager les analyses marxistes et de s’opposer aux dictatures catholiques.

Deux hommes servirent avec zèle sa politique : Mgr Josef Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et Mgr Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille. Un centre de surveillance fut installé à Bogota, doté d’un ordinateur de capacité stratégique, dont les terminaux sont installés à la cité du Vatican. On y a fiché toutes les activités politiques des religieux latino-américains. C’est à partir de ces renseignements que furent notamment assassinés par des "escadrons de la mort" le père Ignacio Ellacuria ou Mgr Oscar Romero. Enfin, Jean-Paul II promulgua un nouveau code de droit canon, dont l’artisan principal fut un prélat de l’Opus, Mgr Julian Herranz-Casado, devenu depuis président du Conseil pontifical pour la révision des textes législatifs.

Par ailleurs, il dota l’Oeuvre d’un statut sur mesure, celui de "prélature apostolique". Désormais les membres de l’Opus Dei échappent à l’autorité des évêques sur le territoire desquels ils résident. Ils n’obéissent qu’à leur prélat et celui-ci au pape. Leur organisation est devenue un instrument de contrôle des Eglises locales au service du pouvoir temporel du Vatican. Un destin qui n’est pas sans rappeler celui d’une autre secte qui régna par la terreur religieuse sur l’Espagne du XVIe siècle avant d’imposer son fanatisme dans l’Eglise universelle : l’Inquisition.

Enfin, le pape confia l’administration de la "Congrégation pour la cause des saints" à un opusien, Rafaello Cortesini. Jean-Paul II engagea un procès canonique de l’abbé Escriva de Balaguer et proclama sa béatification le jour de son propre anniversaire, le 17 mai 1992. Cette mascarade souleva de vives polémiques dans l’Eglise romaine. Tous les témoignages opposés à la "cause du saint" furent rejetés sans être entendus, tandis que six mille lettres postulatoires furent jointes au dossier. Elles émanaient notamment de soixante-neuf cardinaux, de deux cent quarante et un archevêques, de neuf cent quatre-vingt-sept évêques et de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement.

L’Opus Dei et l’Europe - Du recyclage des fascistes au contrôle des démocraties

L’Opus Dei joue un rôle de tout premier plan dans la construction européenne. Après la seconde Guerre Mondiale, d’anciens responsables fascistes s’investissent au sein des nouvelles institutions européennes, mises en place par des membres de l’Œuvre divine.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, tout en condamnant l’idéologie nazie, les principaux responsables de l’Eglise catholique soutinrent massivement les régimes fascistes, au motif qu’ils formaient un rempart face à la subversion bolchevique. L’écroulement du IIIe Reich, sous les coups conjugués des Anglais, des Américains et des Soviétiques, aurait dû se traduire non seulement par l’épuration de la classe politique européenne, mais aussi par celle de l’Eglise romaine. Il n’en fut rien.

Les ecclésiastiques collaborateurs manipulèrent l’illusion religieuse au point que tout questionnement de leur responsabilité dans des crimes contre l’humanité apparut comme un blasphème. Utilisant l’immunité que leur confèrent aux yeux des croyants les fonctions sacrées qu’ils exercent, ils s’employèrent à "exfiltrer" vers l’Amérique latine les chefs fascistes pour les soustraire à la justice et empêcher que des procès ne viennent révéler leur propre culpabilité. Dans ce contexte, l’Opus Dei consacra toutes ses forces à effacer les traces de l’Histoire en favorisant la réconciliation européenne.

Robert SchumanAlcide de Gasperi

Cette politique fut favorisée à contre-coeur par le général de Gaulle. Les Français avaient soutenu massivement et jusqu’au dernier moment le régime fasciste de l’ex-maréchal Pétain et, à travers lui, ils avaient activement participé à l’effort de guerre du Reich. A la conférence de Yalta, les Alliés avaient décidé d’occuper la France dès qu’ils l’auraient vaincue, de fusiller ses officiers et de frapper d’incapacité civique tous les hommes de plus de quarante ans. Le génie de de Gaulle fut donc de présenter l’Etat français comme un usurpateur et le gouvernement de la France libre, durant son aventure londonienne, comme le seul gouvernement légitime. Parfaitement conscient que la Résistance qui avait effectivement existé sur le sol français était majoritairement communiste, et craignant une insurrection marxiste, Churchill donna sa caution à ce mensonge historique et l’on présenta la défaite de l’Etat français comme la libération d’un territoire occupé par l’ennemi. Emporté par cette logique révisionniste, de Gaulle fut contraint d’accepter le maintien des évêques fascistes et de faire amnistier, voire présenter comme résistants divers responsables pétainistes. Ce recyclage de catholiques fascistes fut favorisé par deux membres de l’Opus Dei proches du général : Maurice Schumann ("La voix de la France libre") et la comtesse Thérèse, épouse du maréchal Leclerc de Hautecloque. De Gaulle pensait éviter ainsi une guerre civile. Quoi qu’il en soit, cette tactique a permis à des politiciens et fonctionnaires d’extrême droite de s’intégrer dans les nouvelles institutions démocratiques, d’y avancer masqués, et de tenter par la suite d’y faire triompher à nouveau leurs idées.

Un cas surprenant est celui de Robert Schuman (avec un seul n, aucun lien de parenté avec le précédent). En septembre 1944, ce politicien chrétien démocrate, alors âgé de cinquante-huit ans, apparaît comme l’éphémère conseiller du maréchal de Lattre De Tassigny lors de la libération de l’Alsace-Lorraine. Il est élu député en 1945, nommé ministre des Finances en 1946, président du Conseil en 1947, ministre des Affaires étrangères en 1948. En 1949, il installe le siège de l’OTAN à Paris. Il lance l’idée de l’Europe communautaire en 1950 (CECA et CED), participe activement au gouvernement d’Antoine Pinay. Maintenu à l’écart des affaires françaises au retour de de Gaulle, il fut le premier président du Parlement européen. Atteint de sénilité, il meurt en 1963 et reste dans les mémoires comme "le père de l’Europe".

On le savait profondément religieux, assistant à la messe chaque matin, se livrant à de douloureuses mortifications, on apprend aujourd’hui à l’occasion de son procès en béatification qu’il était membre de l’Opus Dei.

On aurait dû se souvenir du décret Poinso-Chapuis. Ce texte qu’il signa en tant que président du Conseil (JO du 22 mai 1948) permettait à l’Eglise de détourner des subventions publiques par le biais des associations familiales. Il fut retiré après une mobilisation nationale comparable à celle provoquée récemment par l’abrogation de la loi Falloux.

Mais avant que Robert Schuman ne soit proclamé bienheureux, puis saint par Jean-Paul II, il convient de se demander comment on a pu oublier qu’il avait été fasciste, sous-secrétaire d’Etat de Philippe Pétain. Frappé d’indignité nationale à la Libération, au moment même où il avait tenté de se placer auprès du maréchal de Lattre, il avait été relevé de son inéligibilité sur intervention de Charles de Gaulle en août 1945. Pour maquiller cette réhabilitation, on avait mis en avant qu’il avait été assigné à résidence par les nazis dès 1941. En réalité, Robert Schuman avait toujours soutenu la "révolution nationale" fasciste, et s’était uniquement opposé à l’annexion de l’Alsace-Moselle par le Grand Reich.

Robert Schuman ne put édifier les premières institutions européennes qu’avec l’aide d’un autre opusien, Alcide De Gasperi, dont le procès de béatification est également en cours devant la Sacrée congrégation pour la cause des saints. De Gasperi s’opposa à l’accession de Mussolini au pouvoir, et fut emprisonné par les Chemises noires en 1926. Mais il fut libéré et se retira de l’opposition après la signature des accords du Latran entre le Saint-Siège et l’Italie. Il vécut alors dans la Cité du Vatican, où il travailla aux archives secrètes, jusqu’à la chute du Duce. Secrétaire général de la Démocratie chrétienne, il entra au gouvernement dès juin 1945 et fut plusieurs fois président du Conseil. Il arrêta immédiatement l’épuration et veilla personnellement au reclassement des cadres du fascisme qui avaient su être si généreux avec la papauté. Il décéda en 1954.

Robert Schuman et Alcide De Gasperi purent s’appuyer sur Konrad Adenauer pour construire l’Europe de l’amnésie. Le chancelier allemand, président de la Démocratie chrétienne (CDU), ne semble pas avoir été membre de la sainte secte, mais il fut au moins jusqu’en 1958 son allié indéfectible. Tout en soutenant le nazisme, il ne joua pas un grand rôle dans le régime hitlérien. Maire de Cologne, il avait été frappé d’incapacité par les Alliés et démis de ses fonctions. Konrad Adenauer participa activement à la protection de ceux soupçonnés de crimes contre l’humanité et au recyclage des fascistes, non seulement par ambition politique mais pour occulter son propre passé.

Les premiers balbutiements de l’Europe communautaire se concrétisèrent en 1950 avec l’instauration de la Communauté économique du charbon et de l’acier (CECA). Elle réunissait comme par hasard les intérêts des grands industriels catholiques producteurs des matières premières de l’armement lourd. En 1957, la Communauté européenne vit le jour grâce au traité de... Rome. Les textes fondateurs emploient une phraséologie empruntée aux encycliques sociales : "communauté", "communion", "subsidiarité", etc. Le siège de la Commission fut établi à Bruxelles, capitale du très pieux opusien Baudouin Ier. Le cardinal Danneels vient d’ailleurs de demander la béatification du roi chrétien qui s’était opposé à l’avortement, confirmant que l’Opus Dei est une pépinière de petits saints.

Pour garantir l’entraide des fascistes réinsérés au sein des nouvelles institutions européennes, l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie, l’archiduc Otto von Habsburg-Lothringen, fonda alors le Centre européen de documentation et d’information (CEDI). Ce lobby fut tout naturellement installé par l’Opus Dei à l’abri dans la mère patrie, sous la protection du caudillo, le généralissime Franco.

Catholique de grande humilité, Son Altesse Impériale Otto von Habsburg s’est fait élire simple député européen pour continuer à Strasbourg son combat pour la réconciliation européenne. Grâce à lui, au Parlement européen, les démocrates chrétiens (PPE) ne sont plus à droite et les socialistes (PSE) ne sont plus à gauche.

Les affrontements idéologiques sont réservés à la galerie, à l’occasion des élections. Une fois élus, les députés des deux grands groupes abandonnent leurs programmes et votent ensemble la plupart des textes. A Strasbourg la bonne éducation de "monseigneur" s’est imposée, il n’y a pas de conflits politiques, il n’y a que des intérêts partagés. Le consensus des privilégiés permet même de se partager la présidence du Parlement et d’organiser un système tournant PPE/PSE. Les groupes qui refusent d’entrer dans la combine (communistes, écologistes, radicaux) sont exilés avec leurs convictions.

Au fur et à mesure de son expansion, l’Opus Dei a élargi ses objectifs en Europe. Au recyclage des fascistes, à la défense des monarchies catholiques, au contrôle des nouvelles institutions démocratiques s’est ajouté la défense des grands intérêts économiques.

L’outil le plus remarquable fut créé en 1983 sous l’impulsion du vicomte opusien Etienne Davignon (alors commissaire européen chargé de l’Industrie, aujourd’hui président de la Société générale de Belgique) : la Table ronde des industriels européens (ERT). Elle rassemble aujourd’hui une quarantaine de dirigeants d’entreprise dont plus de la moitié sont des membres de la sainte secte. L’adhésion se fait uniquement par cooptation, à titre individuel, et n’engage pas officiellement leurs entreprises. Pourtant l’ERT est financée par ces entreprises et place à son service certains de leurs cadres. L’ERT adresse régulièrement ses recommandations à la Commission européenne. En préambule, elle ne manque jamais de rappeler qu’elle est le lobby économique le plus puissant en Europe : ses quarante-deux membres emploient trois millions de personnes. Ils réalisent trois mille cinq cent milliards de francs annuels de chiffre d’affaires, soit plus de deux fois le budget de la France. Une entrée en matière qui permet à l’ERT d’imposer ses exigences. Le "social chrétien" Jacques Delors, qui ne lui refusait jamais de rendez-vous, disait de l’ERT : "C’est l’une des forces majeures derrière le marché unique." Elle s’est "résolument prononcée pour un développement de réseaux européens d’infrastructures" et a fait inscrire cet objectif dans le traité de Maastricht.

L’Opus Dei ne se contente pas de placer ses membres et de défendre leur communauté d’intérêts. Elle poursuit toujours son objectif de restauration de la chrétienté. Elle mise pour cela à la fois sur le contrôle de l’évolution institutionnelle et sur le contrôle des médias. Aussi a-t-elle exigé et obtenu qu’un de ses membres soit nommé à la Commission européenne avec un maroquin découpé sur mesure. Marcelino Oreja-Aguirre s’est ainsi vu bizarrement confier à la fois le portefeuille des "Questions audiovisuelles" et celui de la renégociation du traité de Maastricht.

En ce qui concerne les Questions audiovisuelles, les opusiens sont favorables au libre-échange. C’est-à-dire qu’ils souhaitent abolir "l’exception culturelle" sous réserve d’une déontologie européano-américaine de la moralité dans les médias. Ils préconisent qu’un ordre des journalistes et producteurs soit chargé de son respect.

En ce qui concerne l’évolution institutionnelle, ils sont favorables à un développement de la supranationalité à condition que le pouvoir soit confié par les politiques à des techniciens. Sur ce principe, ils ont obtenu le transfert du pouvoir monétaire à un conseil non politique sur le modèle de la Bundesbank. Un système qui enchante le président opusien de la banque centrale allemande, Hans Tiettmeyer, par ailleurs académicien pontifical. Ils se sont prononcés pour un élargissement de l’Europe sur le critère de la culture chrétienne et non pas sur celui de la démocratie. C’est sur ce principe que le démocrate chrétien Helmut Kohl s’est opposé au soutien européen à la république laïque de Bosnie-Herzégovine, dont la population est à majorité musulmane.

par Thierry Meyssan  Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace.

 

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G8

G8 l’un des plus puissants instruments de la globalisation

Remarquez ce qui se passe en Amérique du Nord. C’est une horreur: tortures, gens sans domicile fixe, Guantanamo, détentions sans procès et sans enquête.
Remarquez ce qui se passe en Europe: violences contre les manifestants, utilisation des balles en caoutchouc, gazs lacrymogènes dans une capitale, assassinat de manifestants dans une autre
"

Vladimir Poutine, président de la Russie – dans un interview accordé au cours de la rencontre de G8 cette année, en faisant allusion aux répressions violentes des manifestations anti-globalisation

 

La politique mondiale est établie et dirigée par les organismes supranationaux

Entre le 6 et le 8 juin 2007, dans la station balnéaire d’Heiligendamm, située dans le nord de l’Allemagne, a eu lieu la rencontre du "Groupe des États les plus puissamment industrialisés du monde", nommé brièvement G8. Les intentions maléfiques de cet organisme supranational – pilier g8_finance_ministers_ist2_6908de base du Nouvel Ordre Mondial en ce qui concerne la globalisation – sont démaquées au moment choisi pour le commencement de la réunion. La 33-ème rencontre de G8 (33 a une grande importance dans la franc-maçonnerie) avait commencé à 6h du soir, le 6 juin, plaçant l’événement sous le signe du nombre maléfique 666. Le moment du début du sommet a coïncidé aussi avec l’anniversaire du "Jour J": le 6 juin 1944 à 6h (donc toujours 666) avait été déclenché le débarquement des Alliés en Normandie – point clé de la deuxième guerre mondiale. Un moment marqué par la mort de centaines de milliers de soldats (en un seul jour sont morts environ 200.000 soldats). Les mêmes superpouvoirs qui représentaient à l’époque les principales parties belligérantes: l’Axe et les Alliés, qui luttaient les uns contre les autres, sont maintenant réunis dans le G8 et décident les problèmes de sécurité au niveau mondial.

G8 le groupe des 8 maçonneries ?

G8 est le nom abrégé du Groupe des États le plus puissamment industrialisés du monde, qui représentent ensemble 65% de l’économie mondiale: la Grande Bretagne, la France, les USA, le Canada, l’Italie, l’Allemagne, le Japon et la Russie.
Apparemment, la lettre G du nom „G8” représente la première lettre du mot « groupe ». mais si l’on tient compte du fait que la lettre G symbolise la maçonnerie, tel qu’on peut le voir sur tous les emblèmes maçonniques, nous découvrons aussi un deuxième sens, occulté, de ce nom. G8 signifie de cette perspective "Les 8 maçonneries", les plus puissantes et influentes du monde. Les francs-maçons se servent d’habitude d’un langage double – les jeux de mots, les anagrammes ou les abréviations qu’ils utilisent ont un sens commun, de façade, prêt à contenter les naïfs et un autre secret, qui peut être déchiffré seulement par ceux qui connaissent leur symbolisme.

Comme on le sait, dans l’histoire de la maçonnerie on parle d‘obédience de base: l’obédience française – Le Grand Orient de France ayant son siège à Paris et l’obédience britannique – Le Rite de York ayant son siège à Londres. La première d’entre-elles avait donné naissance aux maçonneries se trouvant sur le continent, générant ainsi deux obédiences secondaires très importantes, qui à leur tour, sont individualisées en générant les loges nationales des pays d’Europe : la maçonnerie italienne et la maçonnerie allemande. La deuxième obédience principale, celle née des îles britanniques – nommée aussi la maçonnerie bleue – a généré les loges de l’autre côté de l’océan, ou à l’extérieur du continent: USA, Canada et Japon (pour contrôler l’Extrême Orient). La maçonnerie russe a un statut particulier, dont la fondation est issue des deux rites, le français et l’ anglais – ce qui explique peut être le statut unique de la Russie dans le cadre de G8. Si on fait la somme, ce qui en résulte se sont les 8 pays membres de G8: Grande Bretagne, USA, Canada, Japon, Allemagne, France, Italie et Russie.

Le G8 a pris naissance au début des années ‘70. Entre 1973 et 1975, les ministres des finances de la France, d’Allemagne, de Grande Bretagne et des États-Unis d’Amérique se sont rencontrés à plusieurs reprises dans la bibliothèque de la Maison Blanche. Du fait que les rencontres étaient secrètes, les quatre sont été nommés de façon conspirative le "Groupe de la Bibliothèque". Peu de temps après, le Japon les avait rejoint. C’est ainsi que le Groupe de cinq avait pris naissance. Les rencontres ont continué à être informelles et se déroulaient en secret, les gouverneurs des banques nationales commençant à les rejoindre.

À l’occasion de la "Conférence pour la sécurité et coopération dans l’Europe" qui a eu lieu en 1975 à Helsinki, les présidents et les ministres des affaires extérieures de France, d’Allemagne, de Grande Bretagne, des États-Unis et du Japon ont eu une rencontre secrète à l’Ambassade de Grande Bretagne et ont décidé de se réunir chaque année. La première conférence a eu lieu quelques mois plus tard à Rambouillet en France. À côté de ces cinq pays, l’Italie avait aussi participé, représentée par le Président du Conseil, Aldo Moro, et c’est ainsi que le G6 a pris naissance.

En 1976, le Canada avait rejoint le groupe. C’est ainsi que le G7 a pris naissance. Seulement avec l’arrivée de la Russie dans ce groupe, en 1998, après la conférence de Birmingham, nous pouvons parler de G8. En fait, aujourd’hui aussi le G8 est défini comme le groupe des sept états puissamment industrialisés plus la Russie. Cette année, on voit bien que le G8 tend à se transformer en G9 – dans la plupart des photos que la presse a pu prendre apparaissent 9 personnes, non pas 8.

Une organisation maçonnique supranationale

Dans les articles de propagande pro-maçonnique nous rencontrons souvent des affirmations comme celles ci-dessous, qui impriment dans le mental du lecteur non averti l’idée que la maçonnerie n’est qu’une organisation avec une signification historique, un peu désuète et dépassée en efficacité à présent. Nous citons d’un article tiré du journal « România liberă » (la Roumanie libre) en novembre 2006: "Dans le mental collectif, la maçonnerie est assimilée à une force globale qui manipule et contrôle le monde. Les choses ne se présentent pas ainsi. Au-delà de l’apport de la maçonnerie à la démocratisation de la vie politique à partir du 18-ème siècle g8("Liberté, Égalité..."), en imposant le vote égal dans les systèmes électoraux consacrés, la vitesse d’adaptation de la maçonnerie à l’ère post-moderne a beaucoup diminué. La plupart croit à présent dans l’existence d’un "Gouvernement mondial" et voit cela dans la maçonnerie, mais cette impression est loin d’être la réalité. Chaque année, en janvier, a lieu la conférence de Davos (avec des milliers de participants), en juin – la rencontre du groupe Bilderberg (environ 100 personnes, les plus influentes du monde), et en juillet, le sommet du G8, avec les chefs d’état des pays les plus développés du monde. Dans une mesure très réduite, les personnalités de ces structures sont aussi des maçons, mais elles dictent aujourd’hui les directions du développement du monde".

Nous allons voir par la suite que les choses ne se présentent pas du tout de la sorte. Au contraire, dans les structures supranationales comme le G8 ou le groupe Bilderberg peuvent seulement entrer des maçons avec un haut degré. Le pouvoir économique et politique que ceux-ci détiennent est du à la diffusion et leur soutien à ces positions par les intérêts de certains groupements maçonniques ou para-maçonniques, qu’ils représentent.

Voilà qui sont les membres fondateurs du G8:Gerald Ford

  • Gerald Ford (photo en tenue maçonnique) – le président des États Unis. Ford a été initié dans la maçonnerie en 1949 dans le cadre de la loge Malta du Michigan et avait en 1975 le degré 33. Il était membre Shriner – groupement secret para-maçonnique de New York, dont les membres devaient obligatoirement être des maçons, membre actif dans le Conseil international suprême de l’Ordre De Molay, Grand maître de cet ordre. Voilà ce que ce maçon de haut degré, devenu président des États-Unis et fondateur du G8, disait: “Un gouvernement suffisamment grand pour t’offrir de tout ce que tu veux et suffisamment puissant pour prendre tout ce que tu as".
  • Henry Kissinger – à l’époque secrétaire d’États des USA, ex conseiller sur des problèmes de sécurité nationale et secrétaire d’État dans l’administration Nixon, impliqué dans la guerre du Vietnam et dans le bombardement du Cambodge par les USA, qui avait contribué à une guerre civile sanglante. Membre du CFR, participant aux rituels sataniques du Bohemian Grove, membre Shriner, implicitement maçon. Kissinger est celui qui avait dit: "aucune crise ne peut avoir lieu la semaine prochaine, mon agenda est déjà rempli" – mots illustratifs pour la façon dont les maçons créent des problèmes pour offrir ensuite des résolutions.
  • Harold Wilson – le premier ministre de la Grande Bretagne, membre du groupe Bilderberg, membre de la société secrète "Le Cercle".
  • James Callaghan – secrétaire pour les affaires extérieures de la Grande Bretagne, président associé de RIIA – l’Institut Royal pour les affaires externes, connu comme le deuxième bras à travers lequel l’organisation secrète la Table ronde opère dans la politique externe, à côté du CFR.
  • Helmut Schmidt –chancelier de l’Allemagne à l’époque. Dans son autobiographie, Helmut Schmidt reconnaît qu’il est membre du CFR, du groupe Bilderberg et de la Commission Trilatérale. L’image jointe (l’une des rares faites au Bohemian Grove, l’endroit où des personnalités du monde politique participent à des rituels sataniques qui impliquent des sacrifices humains), nous pouvons voir Helmut Schmidt faisant un discours. Dans le même livre autobiographique: "Men and Powers, a Political Retrospective" il déclare qu’il est activement impliqué dans le gouvernement mondial et parle des rencontres annuelles du Bohemian Grove et de l’existence de certains endroits similaires en Allemagne, où il avait participé à de tels rituels.
  • Valery Giscard d’Estaing – le président de la France, maçon de haut degré, membre du groupe Bilderberg, membre dans la Commission Trilatérale, membre du CFR, le principal auteur de la constitution maçonnique européenne.

Discussions d’intérêt public portées dans le plus grand secret 

Valery Giscard d’Estaing, le président français, caractérisait la première rencontre de Rambouillet comme "une conversation entre des amis autour du feu". Quel genre d’amitié réunissait ceux qui étaient présents, on a pu le voir plus haut.

Au début, les sujets discutés visaient des aspects économiques : l’inflation, le taux du chômage, les réserves de pétrole et la croissance économique. Ensuite ont commencé à être de plus en plus discutés les problèmes politiques ou de sécurité internationale. L’agenda officiel est maintenant rendu publique, mais pas le contenu des discussions, bien que les sujets soient d’intérêt public et d’importance mondiale.

Nous retrouvons ici une manie du secret rencontrée durant les conférences de Bilderberg: "les coulisses des réunions du G7 ont elles aussi quelque chose de spécifique, dit Robert Fauver, ex conseiller du président des États-Unis. Il est important de savoir que les réunions à haut niveau du G7 ne se déroulent pas sous les yeux de la presse. Il n’existe pas de microphones d’enregistrement dans la salle de discussions, il n’existe pas de caméras vidéo. Le seul témoignage pour l’histoire sont les notes prises à main par chacun des “sténographes” des dignitaires, ceux qui se trouvent derrière eux à la table de la réunion. L’image de ce qui s’est passé dans la salle dépend de qui et comment avait rédigé les notes en question. Elles offrent une pâle image de ce qui se passe à l’intérieur, une histoire réelle de ces réunions est difficile à reconstituer”, écrivait Sorina Man dans un article publié sur le site Altermedia.

"Depuis longtemps, de façon tacite ou explicite, on reconnaît que les idées convenues sur les lignes stratégiques acceptées dans le cadre du G8 sont, pratiquement, les éléments de la "structure de résistance" sur lesquels toute la construction économique sera ultérieurement édifiée, et la physionomie géopolitique planétaire finale sera configurée. Les résultats du sommet du G8, s’imposent, volontairement ou non (même s’ils contreviennent à des intérêts régionaux ou nationaux, forcés ensuite par des contraintes de nature économique, énergétique et commerciale à suivre le cours convenu). Dans le contexte de la globalisation accentuée, le G8 est devenu le fort dominant, qui par sa force en prépondérance économique, surclasse toute organisation fondée sur les raisonnements et les principes du droit international d’après la guerre", écrit le journal « Le Jour », le 9 juin 2007.

En 2005 par exemple, durant le sommet du G8 a décidé d’effacer de la base de données de certains banques des dettes de 40 milliards de dollars que certains pays sous-développés avaient, de même que l’exportation d’industrie et de Hi-Tech dans ces pays. À l’époque, cette action a été classifiée comme "la plus importante décision politique de la fin du colonialisme des années ‘60"

Cette année, des sujets brûlants ont été discutés : le réchauffement planétaire, la lutte contre les maladies, l’éducation dans les pays pauvres, la résolution des crises militaires du Kosovo, du Liban, d’Afghanistan et d’Irak, ainsi que des aspects liés au bouclier américain anti-missiles placé en Europe, qui irrite de plus en plus la Russie.

Des violences pour prévenir les violences

Dans sa déclaration de constitution, le G8 s’auto définit comme “un forum informel qui prend en discussion les grands problèmes économiques et financiers du monde, défenseur d’une société ouverte, démocratique, profondément attaché à la liberté individuel et au progrès social”. La plupart de ces mots ne sont que des mots creux : en témoignent les violences auxquelles recourent les forces d’ordre seulement pour prévenir les éventuelles violences des manifestants – selon le même principe de "la guerre préventive maintenant " pratiquée" par les USA. Les résultats deviennent visibles : des luttes dans la rue, qui se sont soldées par des blessés et parfois des morts, suivies par des accusations réciproques pour savoir qui avait commencé la lutte. Et un nombre de plus en plus grand de protestataires.

Les événements les plus violents ont été ceux de 2001 à Gênes. Après que des milliers de personnes aient manifesté de façon pacifique, est entré en scène un groupe d’anarchistes connus sous le nom générique de "Black Block" (le Bloc Noir). Il ne s’agit pas d’une organisation, mais plutôt d’un mode spécifique de protester: Black Block se fait remarquer par le fait de porter des vêtements et des masques noire, en recourant le plus souvent à des actes de vandalisme. Il est même possible que leur présence parmi les masses fasse partie d’une stratégie pour générer des prétextes pour l’intervention des forces d’ordre.

En 2001, à Gênes, ont été pris des mesures exceptionnelles de sécurité : des barrières hautes de quatre mètres protégeaient la zone où se trouvaient les salles de conférences, et les chefs d’état étaient logés sur des vaisseaux de croisière ancrés dans le port. Les habitants des alentours la zone où se déroulait le sommet avaient interdiction de recevoir des visiteurs, et des tireurs d’élite ont été placés sur les toits. Le trafic aérien et ferroviaire a été interrompu et les rues bloquées, de même que les transports en commun. De qui ont peur les membres du G8 s’ils se réunissent pour discuter et pour trouver des solutions pour le bien de tous ? Et pourquoi les gens dont les intérêts, disent-ils, sont représentés sont en nombre de plus en plus grand contre ces réunions, cataloguées comme des expressions du totalitarisme?

À Gênes ont participé 300.000 manifestants, 10.000 policiers et 5.000 soldats des forces spéciales italiennes. Le 20 juillet, le premier jour du sommet, l’un des manifestants, Carlo Giuliani, a été tué par un policier. C’est l’événement qui a déclenché de véritables émeutes, suite auxquelles plus de 200 personnes ont été gravement blessées. Les dommages ont été estimés à 50 millions d’euros, pratiquement le centre ville a été dévasté, comme s’il avait subi une guerre. Ultérieurement, des dizaines de personnes ont protesté contre la violence des autorités. Un procès à même eu lieu, les conclusions : 300 policiers sont entrés de force, dans la nuit, dans deux écoles où les manifestants étaient logés. Selon les témoins, plus de 1000 protestataires ont été battus, certains d’eux entrant dans le coma. D’autres ont été arrêtés, tenus dans des chambres avec des la gaz asphyxiants et obligés de chanter des chansons pro-fascistes. Suite au procès, une grande partie des policiers ont été déclarés coupables, mais finalement ils n’ont pas été punis grâce à une modification de la loi votée par le parlement italien.

Mihai Vasilescu

YOGAESO

samedi

Les organisations des Maitres du Monde

Le gouvernement mondial

Au pouvoir déclinant des gouvernements des états-nations s'est substitué un nouveau pouvoir, planétaire, global, et échappant au contrôle de la démocratie. Les citoyens continuent d'élire des institutions nationales alors que le pouvoir réel a été déplacé vers de nouveaux centres.

La planète est aujourd'hui dirigée par une constellation d'organisations au rôle exécutif ou politique.

Les organisations exécutives se répartissent en 3 sphères de pouvoir:

- la sphère du pouvoir économique et financier
- la sphère du pouvoir militaire et policier
- la sphère du pouvoir scientifique

Le pouvoir politique du système est exercé par une quatrième catégorie d'organisations: les "clubs de réflexion", réseaux d'influence, ou réunions de "global leaders" comme le Groupe de Bilderberg ou le World Economic Forum de Davos.

Toutes ces organisations ne sont pas concurrentes mais étroitement liées et complémentaires.

Elles forment un ensemble dont la cohésion est assurée par l'appartenance simultanée de certaines personnalités à plusieurs organisations.

Ces personnes-clé peuvent être considérées comme les Maitres du Monde. Quelques uns sont des leaders politiques de premier plan, comme George Bush (le père) ou Henry Kissinger. Mais la plupart d'entre eux sont inconnus du grand public.

En observant le diagramme de ces organisations, ceux qui connaissent la cybernétique verront à quel point ce système a été ingénieusement conçu. Structurées en réseau, plusieurs organisations se partagent la même fonction, et les centres ainsi que les "circuits de commande" ont été doublés ou triplés, afin d'assurer plus de sécurité et de stabilité à l'ensemble.

Ainsi, au cas où une organisation ou un lien devient inopérant, le contrôle global n'est pas menacé. Exactement comme Internet: un système sans centre unique, dont les flux d'information peuvent "contourner" un centre local hors service.

Les instances exécutives

L'OCDE , l'organisation initiatrice de l'AMI, conçoit les règles du commerce mondial et influence de très près la politique économique des pays occidentaux. Elle rassemble 30 pays développés qui "partagent les principes de l'économie de marché"

Le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale dessinent l'économie et l'environnement de la planète par le biais des prêts accordés aux états du Tiers-Monde à condition qu'ils appliquent une politique économique d'inspiration ultra-libérale, au mépris des réalités humaines et écologiques.

L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC, ou WTO en anglais) fixe les règles du commerce mondial, en réduisant considérablement la marge de décision des états dans le domaine de l'économie ou de l'environnement.

La Commission Européenne (ou "Commission de Bruxelles") est le gouvernement de l'Union Européenne. Ses membres ne sont pas élus, et le public n'est jamais informé de leurs décisions. Des parts croissantes du pouvoir des états sont transférés à cette Commission qui n'est soumise à aucun contrôle démocratique. (La législation européenne représente déjà 80% des lois appliquées par les états de l'Union.)

Ces transferts de souveraineté ont été réalisés par des politiciens de droite et de gauche, dans le but de faire échapper au débat public l'essentiel des décisions économiques, sociales, et environnementales.

De plus, la Commission Européenne est entièrement sous l'influence des lobbies industriels qui sont les grands inspirateurs de la réglementation européenne. La politique européenne est élaborée en étroite collaboration avec l'European Round Table qui rassemble les dirigeants des grandes multinationales européennes. L'European Round Table est associée à toutes les grandes décisions en matière économique, financière, sociale, ou environnementale. Enfin, beaucoup de Commissaires Européens sont très liés à des multinationales ou à des réseaux d'influences favorables au libéralisme et à la mondialisation.

Par ailleurs, de nombreux commissaires européens sont membres du très puissant "Groupe de Bilderberg":

- Jose Manuel Barroso (actuel président de la Commission Européenne, ancien premier ministre du portugais)
- Frits Bolkestein (le commissaire européen auteur de la "
directive Bolkestein")
- Romano Prodi (ancien président de la Commission Européenne, premier ministre italien)
- Jacques Santer (ancien président de la Commission Européenne, ancien premier ministre du Luxembourg)
- Sir Leon Brittan (vice-président de la Commission, ardent promoteur des traites
AMI et NTM, ancien négociateur européen pour le GATT)
- Pascal Lamy (fervent partisan de l'
AMI, et responsable de la modification de l'article 133 du Traité d'Amsterdam afin que les états donnent définitivement les pleins pouvoirs à la Commission pour la négociation et la signature des traités économiques de type AMI)
- Edith Cresson (ancien membre de la Commission, ancien premier ministre français, ancien ministre du commerce, ancien membre de la direction de Schneider)
- Emma Bonino
- Mario Monti (ex Banca Commerciale Italiana)
- Hans Van Den Broeck
- Karel van Miert
- Erkki Liikanen
- Ritt Bjerregaard

A la BCE, la Banque Centrale Européenne, on retrouve encore d'autres participants au Groupe de Bilderberg:

- Jean-Claude Trichet (président de la BCE)
- Wim Duisenberg (ancien président du directoire la BCE, ancien président de la De Nederlandsche Bank)
- Otmar Issing (membre du directoire)
- Tommaso Padoa-Schioppa (membre du comité exécutif)

Les "clubs de réflexion"

Le Word Economic Forum est une organisation qui rassemble les hommes les plus puissants et les plus riches de la planète. Le critère d'admission au sein de ce réseau est le niveau de pouvoir, de richesse, et d'influence du candidat, dans le domaine de l'économie, de la politique internationale, de la technologie, ou des médias. La principale réunion du World Economic Forum a lieu chaque année à Davos, en Suisse, à la fin du mois de Janvier. Tout au long de l'année, les membres les plus importants de cette organisation sont reliés par un super-réseau de vidéo-conférence, "Wellcom", qui leur permet de se concerter à tout moment sur les décisions mondiales importantes. Exactement comme dans le film "Rollerball", qui décrit un monde futur où les cartels économiques ont pris le pouvoir et où une élite planétaire prend ses décisions lors de vidéo-conférences similaires.

La Trilateral Commission est un organisme de réflexion international co-fondé en 1973 par David Rockefeller et Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller du président Jimmy Carter). Il réunit des dirigeants des 3 zones économiques principales: Amérique du Nord, Europe de l'Ouest, Japon.

Le CFR (Council on Foreign Relations) est une organisation américaine qui rassemble des leaders politiques ou économiques de haut niveau (comme George Bush père, Henry Kissinger, ou David Rockefeller, le président du CFR). Depuis le début du 20è siècle, presque tous les présidents américains sont des membres du CFR. Le Comité consultatif du CFR comprend des représentants étrangers, comme Michel Rocard (ancien premier ministre français), Otto Lamsdorf (ancien ministre des finances allemand), Brian Mulroney (ancien premier ministre canadien), ou Lord Conrad Black (président du groupe de presse Hollinger, et par ailleurs proche de l'administration Bush).

Le Groupe de Bilderberg , fondé en 1954, est sans doute le plus puissant des réseaux d'influence. Il rassemble des personnalités de tous les pays, leaders de la politique, de l'économie, de la finance, des médias, ainsi que quelques scientifiques et universitaires. Pour ceux qui enquêtent sur les réseaux de pouvoir, le Groupe de Bilderberg est le véritable gouvernement mondial. Le président et co-fondateur du Bilderberg Group est David Rockefeller.

Voici les listes par pays des membres du Groupe de Bilderberg: USA, Canada, Grande Bretagne, France, Belgique, Suisse, Hollande, Allemagne, Autriche, Italie, Espagne, Portugal, Norvège, Suède, Danemark, Finlande, Luxembourg, Irlande, autres pays

Le Siècle est un club de réflexion qui rassemble les membres les plus puissants et influents de la classe dirigeante française: responsables politiques, présidents de grandes entreprises, et journalistes des médias qui "font l'opinion".

La Fondation Saint-Simon est une organisation très similaire au Siècle. Elle s'est dissoute en 1999 après avoir beaucoup contribué à la conversion idéologique de la gauche française au libéralisme.

L'IFRI (Institut Français des Relations Internationales) est une sorte de CFR à la française. On y retrouve des politiciens de droite et de gauche, des patrons de grandes entreprises, des journalistes, et quelques universitaires.

Le Club de Rome est un "club de réflexion" de leaders politiques et économiques, principalement européens.

Les sociétés secrètes

Le Bohemians Club
Une société secrète où les puissants de ce monde se retrouvent pour d'étranges cérémonies au parfum de satanisme.

Les Illuminati sont une "élite dans l'élite" qui se réunit au sein d'une organisation secrète fondée sous sa forme actuelle au 17è siècle. Originellement, leur projet était de changer radicalement le monde, en anéantissant le pouvoir des régimes monarchiques qui, à cette époque, entravaient le progrès de la société et des idées. La Révolution Française et la fondation des Etats-Unis auraient été des résultats de leur stratégie. Pour les Illuminati, la démocratie politique était un moyen et non une fin en soi. Selon eux, le peuple est par nature ignorant, stupide, et potentiellement violent. Le monde doit donc être gouverné par une élite éclairée. Au fil du temps, les membres de ce groupe sont passés du statut de conspirateurs subversifs à celui de dominateurs implacables dont le but essentiel est de conserver leur pouvoir.

Le terme "Illuminati" signifie littéralement "les Illuminés" (du latin "illuminare": illuminer, connaître, savoir)

Leur symbole est présent sur les billets de 1 dollar: une pyramide dont le sommet (l'Elite) est éclairé par l'oeil de la conscience et domine une base aveugle, faite de briques identiques (la population).

Les deux mentions en latin sont très significatives. "NOVUS ORDO SECLORUM" signifie "nouvel ordre pour les siècles". En d'autres termes: nouvel ordre mondial. Et "ANNUIT CŒPTIS" signifie: "notre projet sera couronné de succès".

 

Un projet aujourd'hui proche de sa réalisation finale.

 

Qui sont les Maitres du Monde?...

Voici quelques participants aux organisations des Maitres du Monde.
 
Sur leur visage se lisent des caractéristiques communes: grande intelligence, subtilité, cynisme, dureté, détermination, absence de scrupules ("la fin justifie les moyens"), sans oublier cet ineffable plaisir d'appartenir à une élite et pouvoir contempler le monde vu d'en-haut...
1

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De haut en bas, et de gauche à droite:



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Henry Kissinger (ministre des affaires étrangères de Nixon, président de Kissinger Associates Inc.)
George Bush (ancien président des Etats Unis, ancien directeur de la CIA de 1976 à 1977)
2
Philippe Jaffré (ex président d'Elf Aquitaine, ex PDG du Crédit Agricole)
Giovanni Agnelli (président de Fiat)
Michel Camdessus (ancien président de la
Banque Mondiale, ex gouverneur de la Banque de France)
Jean-Claude Trichet
(gouverneur de la Banque de France, président de la BCE, la banque centrale européenne)
Etienne Davignon
(président de la Société Générale de Belgique)
3
Giulio Andreotti (l'homme qui a dirigé l'Italie durant presque 30 ans; impliqué dans de multiples scandales en relation avec la mafia, la loge maçonnique P2, et les attentats d'extrême droite en Italie dans les années 70)
Leon Brittan (vice président de la Commission Européenne, négociateur européen pour le GATT, ardent promoteur des traités
AMI et NTM)
Hillary Clinton
(sénateur du Parti Démocrate, épouse de Bill Clinton)
Tony Blair (premier ministre de Grande Bretagne)
Ernest Antoine Seillière
(président des holdings Wendel Investissement et CGIP, président du MEDEF, l'organisation des chefs d'entreprise de France)
4
James Wolfensohn (président de la
Banque Mondiale)
David Rockefeller (président de la Chase Manhattan Bank)
Bill Gates
(président de Microsoft)
5
Franz Vranitzky (ancien Chancellier d'Autriche)
Hilmar Kopper
(président du directoire de la Deutsche Bank)
Vernon Jordans (directeur général de la Banque Lazard)

Zbigniew Brzezinski (membre du CFR, ancien conseiller du président Jimmy Carter)
6

Bertrand Collomb (président de Lafarge)
Andre Levy-Lang (ex président de la banque Paribas)
Thierry de Montbrial (directeur de l'Ecole Polytechnique, membre de la
Trilatérale, directeur de l'IFRI)
7
Pascal Lamy (Commissaire Européen, et fervent partisan de l'
AMI)
Giulio Tremonti (ministre italien des Finances, député de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi)
Maurice Lippens (président de Fortis Bank)


 



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