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lundi

L'europe vacillante

 

Paradoxalement, les conflits ethniques ou religieux pourraient précipiter et même justifier la mondialisation et la déréglementation, en un mot, la défaite du politique.

Quelques doubles jeux dans l'histoire :

Un réseau, qui existait au sein d'un ordre monastique, aida à l'évasion de collaborateurs et de personnes compromises avec l'occupant nazi. Cette filière d'évasion empruntait la route des monastères. Après avoir caché des juifs pendant la guerre, des moines ont ainsi aidé des nazis à se dissimuler et à fuir.

Dans un autre registre, le 15 septembre 1970, la CIA a reçu l'ordre, sous l'administration Nixon, de tenter d'empêcher l'accession à la présidence du Chili, le 3 novembre, du marxiste Salvador Allende. Les services américains ont également accompagné de bout en bout l'Opération Condor organisée par Pinochet et destinée à éliminer des centaines d'opposants à la dictature en exil et ceux qui leur venaient en aide. Selon le rapport du FBI, la DINA (police secrète de Pinochet) - en 1976 - prévoit d'étendre la portée de l'Opération Condor à plusieurs pays européens, dont le Portugal et la France, où résident des centaines de réfugiés sud-américains. "La police secrète chilienne - peut-on lire sur ce rapport - forme des commandos spéciaux pour aller les assassiner…". On comprend mieux la réticence de certaines personnes à aller jusqu'au bout de cette affaire : si l'ancien dictateur chilien se trouve être libre c'est aujourd'hui pour raison de santé... la santé du ministre britannique de l'Intérieur, Jack Straw, bien sûr.

Jörg Haider affirma que la Waffen-SS était " composée d'hommes décents (anstÄndig) et de caractère, restés fidèles à leurs convictions même quand soufflaient des vents contraires ". Ces propos sont-ils si éloignés de ceux de François Mitterrand qui déclara le 9 mai 1995 à Berlin que les soldats allemands " étaient courageux, ils acceptaient la perte de leur vie. Pour une cause mauvaise, mais leur geste à eux n'avaient rien à voir avec cela. Ils aimaient leur patrie. " ? Non, car la définition du courage se résume ainsi : force de caractère, fermeté que l'on a devant le danger; c'est à dire quasiment mot pour mot les propos de Jörg Haider.
Néanmoins, cela n'a pas empêché François Mitterrand d'être un acteur majeur dans la construction européenne, quitte à "aider" au financement de la campagne électorale de Helmut Kohl en 1992, chose que l'on sait au moins depuis 1997. En effet, c'est le président du Gabon, Omar Bongo, qui, vexé de la fouille pratiquée dans ses comptes suisses et de la médiatisation de cet évènement, fut à l'origine de ces révélations que tout le monde fait semblant de redécouvrir en ce nouveau millénaire.

Ce que je tente de vous démontrer par l'énumération de ces différents événements c'est qu'il ne faut pas se fier aux apparences, qu'il ne faut pas s'arrêter en cours de route pour juger telle ou telle personne, ou telle ou telle action.
La compréhension du sens de notre histoire nécessite un certain recul et une certaine objectivité si l'on veut tenter d'en apercevoir la nature véritable.

L'avant-gout Serbe :

Jeudi 15 avril 1999, le journal d'information de la télévision serbe annonce : " Lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le porte-parole OTAN-NAZIde l'Alliance criminelle a reconnu la responsabilité de l'OTAN, responsable du crime le plus odieux contre l'humanité, a indiqué la présentatrice . Le monde est choqué (...) les avions de l'OTAN criminelle ont tiré, à quatre reprises, sur une colonne d'Albanais qui retournaient dans leurs foyers. (...) Un comportement aussi monstrueux n'a pas été enregistré même à l'époque la plus sombre du terrorisme nazi. (...) Est-ce que finalement le Tribunal de la Haye [Tribunal pénal international ou TPI], qui affirme constamment qu'il a compétence pour enquêter sur les crimes de guerre commis sur l'ensemble du territoire de l'ex- Yougoslavie, va lancer une accusation de génocide et de Henry Kissingercrime contre l'humanité, contre les criminels Clinton, Blair, Chirac, Schröder, Clark, Solana. "

Bien que les crimes de Milosevic soient indéniables, le personnage n'a pas le monopole des atrocités. Si le noble rôle de gendarme du monde de l'OTAN excuse ses erreurs devant l'opinion publique, on ne peut ignorer que l'Armée de libération du Kosovo (UCK) est une organisation marxiste radicale, infiltrée par les mafias, impliquée dans le trafic de drogue et utilisant les profits ainsi obtenus pour acheter des armes au marché noir, qui n'hésite pas à pratiquer la répression dans les rangs adverses.

Mais au-delà de ces luttes ethniques on peut décoder une manipulation que nous explique à demi-mot Henry Kissinger(membre du Comité des 300, des Bilderberg, de la Loge P2 italienne, de la Trilatérale, ancien assistant du président qui faisait le lien entre Nixon et la NSA et qui le conseillait en matière de politique étrangère) :

Mener une négociation reposant sur un projet d'accord entièrement rédigé dans des chancelleries étrangères, et tenter de l'imposer par la menace de bombardements aériens, a seulement abouti à exacerber la crise du Kosovo. (...) Les Serbes ont rejeté l'accord de Rambouillet parce qu'ils y ont vu le prélude à l'indépendance du Kosovo. Ils ont aussi vu la présence des troupes de l'OTAN comme une sorte d'occupation étrangère [...]. De même, pour l'UCK, l'objectif était l'indépendance et non l'autonomie.

Haider, le résultat du déclin d'un modèle social :

"Le FPOE n'est pas le successeur du NSDAP [le parti nazi allemand]. S'il l'était, il aurait déjà la majorité absolue en Autriche" pérora Jörg Haider. Ce dernier a réussi à attirer tous ceux qui sont tentés par le vote protestataire, contre la politique d'austérité, la corruption, la mainmise des deux grands partis autrichien sur le pouvoir, la traversée du pays par les camions européens, etc...   De plus l'Europe connaît actuellement un chômage massif. Ce dernier a pour effet d'accroître le sentiment d'insécurité parmi la population ouvrière, les « chauvins de la prospérité », qui paniquent à l'idée de perdre peu à peu leurs acquis. Le « peuple » (les petites gens) se retourne alors contre l'«establishment » (la classe politique) qu'il accuse de tous les maux. Il ne comprend pas le rapprochement entre le pouvoir et l'opposition, se sent trahi par des hommes qu'il a portés au pouvoir et qui ne représentent plus aucune des valeurs qui les ont fait élire, qui se contentent de suivre une politique libéralo-mondialiste décidée ailleurs, par d'autres.

Il est facile de tirer sur ce que la population autrichienne croit être l'ambulance, mais cette attitude nous fait oublier les causes de la maladie.

Quand l'économie fait de la politique :

Pour le président de Fiat, Giovanni Agnelli - membre actif de la commission trilatérale, des Rencontres Bilderberg et de l'Institut atlantique pour les affaires internationales - " la plus importante (des priorités pour l'Europe)  est une réduction draconienne de toutes ces normes, au premier chef sanitaires et fiscales, qui tendent à limiter la concurrence intracommunautaire (...) il faut écarter les obstacles juridiques, fiscaux et administratifs (...) Autre nécessité : l'intégration financière. Un accroissement de la liberté de mouvement des capitaux devrait aller de pair avec un renforcement du système monétaire européen. Et, à la base de tout, il y a une nécessaire stabilité des taux de change et la pleine convertibilité des monnaies. En ce sens, l'ECU constitue un outil précieux. "

On constate que la déréglementation et la mise en place d'une monnaie mondiale (le taux de l'Euro en franc n'est-il pas suffisamment semblable à celui du dollar pour qu'à terme ces deux monnaies ne puissent pas ne faire qu'une ?) est en 1987 une priorité pour l'un des patrons les plus influents du monde de par ses activités dans les sociétés susnommées.

Alors, pour justifier cette suppression des frontières économiques, on fait en sorte de démontrer la dangerosité des frontières nationales. Si les états n'existaient pas, ils ne rentreraient pas en conflit les uns avec les autres. Cette thèse pourrait se défendre si l'origine des conflits n'était pas d'une telle superficialité : différence de religion ou différence d'ethnie. Depuis l'invention du commerce, nous aurions dû assister à un ralentissement des passions guerrières. Déjà au II ème siècle, Florus écrit : "Supprimez le commerce, vous rompez l'alliance du genre humain". James Mill, le mentor de Ricardo, est à l'origine de la théorie des avantages comparatifs qui fera que tous les groupements humains trouveront un intérêt à l'échange et donc au commerce mondial. Mais si la guerre était aussi à une époque un moyen de s'enrichir, le commerce est, de nos jours, un bien meilleur moyen d'arriver au même résultat. C'est pour cette raison que je pense que le mal dont souffrent nos démocraties n'est pas dû qu'à la fatalité et à la nature humaine.

Si le peuple vote extrémiste, c'est pour protester. Il proteste contre le chômage, contre la perte de ses avantages acquis, contre l'immigration, contre la corruption. A quoi sont principalement dus ces phénomènes ? Principalement à la recherche incessante de profit. Qui cherche le profit, si ce n'est prioritairement les dirigeants des entreprises qui, pour séduire les actionnaires qui les font vivre, délocalisent à tour de bras. Ils provoquent ainsi une augmentation du taux de chômage dans les pays où la main d'oeuvre est plus cher, mais où celle-ci a des avantages qu'elle perd du même coup peu à peu. C'est un cercle vicieux qui entraîne les classes moyennes dans une spirale récessive. Mais je n'accuse pas le patronat. Il est lui aussi victime de ce système instauré par des cercles éclectiques d'initiés triés sur le volet, au niveau... universel.

Quand on laisse en liberté des tortionnaires, quand on commerce avec des dictateurs, quand on ferme les yeux devant ce qui se passe dans des pays comme la Corée du Nord où une partie de la population en est réduite à manger l'écorce des arbres, on a beau jeu de diaboliser quelqu'un qui, il est vrai, ressemble à s'y méprendre à un NAZI, mais a pour mérite de dénoncer certaines dérives d'un système. L'union européenne a laissé germer le mal en elle en se laissant dicter sa politique par des influences économiques, dictées elles-mêmes par d'autres intérêts.

L'économie de marché a besoin de faire tomber les frontières alors que la démocratie traditionnelle, à contrario, nécessite des frontières. Parce que l'économie de marché n'a pas besoin de frontières certaines personnes ont tout intérêt à les supprimer, Nouvel Ordre Mondialquitte à faire en sorte que les démocraties visées engendrent des monstres afin que le principe même de leur existence puisse être remis en cause. C'est en démontrant que ces frontières engendrent des conflits que ceux qui ont intérêt à les faire tomber inculquent dans notre esprit la nécessité d'une démocratie sans frontières. Mais comme une idée n'est acceptée que lorsqu'elle va de soi, c'est une stratégie machiavélique qui est employée pour arriver à ces fins. La plupart des gens ne s'aperçoit pas de la manipulation qui se fomente.

Nous devons nous préparer à un réajustement par le bas de notre niveau de vie, afin que celui-ci s'équilibre avec les régions du monde où la main d'oeuvre est concurrentielle. Nous devons nous préparer à l'instauration prochaine d'un gouvernement mondial qui se présentera comme la seule alternative possible aux conflits qui opposent les Etats nations. En fait cette instauration aura été ourdie de longue date, dans l'ombre, et sa mise en application nécessite une uniformisation des législations qui conduira, après la mondialisation économique, à une globalisation des mœurs... c'est peut-être ça ce qu'on appelle la "fin de l'histoire". 

 

conspiration org

mercredi

Chavez et les FARC

 

La Colombie, Interpol et le cyberguérillero 

Ordinateurs bavards, journalistes peu regardants


Apparemment, la médiation entreprise par le président vénézuélien Hugo Chávez dans l’affaire des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a dérangé. Pourtant, grâce à elle, sept personnes ont retrouvé la liberté, et d’autres avancées pouvaient être espérées. Au terme de l’épisode obscur qui a abouti à la mort du commandant des FARC Raúl Reyes, M. Chávez mais aussi le chef de l’Etat équatorien Rafael Correa se retrouvent mis en accusation par Washington et Bogotá. Sur quelles bases et avec quel degré de crédibilité ?

Premier mars 2008, minuit vingt-cinq. Avec une précision implacable, la première des dix bombes « intelligentes » guidées par GPS atteint sa cible. Nous ne sommes pas au Proche-Orient. La scène se déroule en Equateur, à moins de deux kilomètres de la frontière colombienne. Là où le rio Putumayo sépare les deux pays. Quatre hélicoptères Blackhawk OH-60 surgissent de la nuit. A bord, quarante-quatre commandos spécialement sélectionnés au sein de la Force de déploiement rapide de Colombie (Fudra). Ils n’ont pas à combattre. Dans le campement provisoire des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), ravagé par les explosions, gisent vingt-trois corps. Tués en plein sommeil. Parmi eux, Raúl Reyes, numéro deux et « ministre des affaires étrangères » de la guérilla. Son cadavre est emporté comme un trophée.

Tôt le matin, le président colombien Alvaro Uribe contacte son homologue équatorien Rafael Correa. Il lui explique la situation : attaquées depuis l’Equateur, les unités héliportées colombiennes, en état de légitime défense, ont dû répliquer et poursuivre les rebelles. Mais, assure-t-il, comme le fera dans la matinée son ministre de la défense Juan Manuel Santos, les tirs ont été effectués depuis le territoire colombien, « sans violer l’espace aérien équatorien ».

Dans un premier temps, M. Correa croit en la parole du président colombien. Ils se téléphonent tous les jours et entretiennent des rapports amicaux. Deux semaines auparavant, en privé, devant un café, M. Correa n’a-t-il pas confié à un proche conseiller du chef d’Etat vénézuélien : « Dis à [Hugo] Chávez que je m’entends très bien avec Uribe et que, s’il veut, je peux aider à arrondir les angles entre eux » ?

M. Correa se sent trahi quand des militaires équatoriens se rendent sur les lieux et que la vérité se fait jour : non seulement les Colombiens ont violé le territoire équatorien, mais, ajoute-t-il lors de sa conférence de presse du 2 mars, il s’est agi d’« un massacre ».

Des officiers qui travaillent pour la CIA

La mort du chef guérillero déclenche une crise aux multiples dimensions. Quito rompt ses relations diplomatiques avec Bogotá et envoie onze mille hommes à la frontière. Immédiatement imité par Caracas, qui expédie dix bataillons aux confins de la Colombie. Décision mûrie plus que réaction irraisonnée. « Nous ne voulons pas la guerre, avertit M. Chávez, mais nous ne permettrons pas à l’Empire, ni à son petit chien, de venir nous affaiblir. » Et d’intervenir, en toute impunité, sur le territoire de ses voisins.

Le mot « condamnation » ne sera pas adopté, mais tous les gouvernements sud-américains « rejettent » l’incursion colombienne. Au nom de la « lutte contre le terrorisme », les Etats-Unis soutiennent Bogotá. Interrogé, le sous-secrétaire adjoint du département d’Etat pour l’hémisphère occidental, M. Craig Kelly, explique : « Ce que nous avons dit est, premièrement, qu’un Etat doit se défendre contre la menace du terrorisme et que, quand on parle de frontière, il faut envisager le contexte général, c’est-à-dire une violation continue des frontières de la part des FARC. » Nouvelle question du journaliste : « Cela signifie-t-il, par exemple, que si le Mexique poursuivait des narcotrafiquants sur le territoire américain, les Etats-Unis ne feraient aucune objection à l’entrée de troupes mexicaines sur leur territoire ? » Réponse : « Je ne vais pas entrer dans une discussion théorique... ».

On a spéculé sur la nature des aéronefs utilisés pour le bombardement high-tech du 1er mars. Cinq Supertucanos EMB-314 (de fabrication brésilienne) et trois bimoteurs A-37 (américains) de l’armée de l’air colombienne ayant décollé de la base de Tres Esquinas (Caquetá) ont été évoqués. Les bombes utilisées ne peuvent en aucun cas être lâchées depuis ce type d’avions. Une seule certitude : ces armes ultra-sophistiquées ont fait beaucoup de dégâts lors de l’invasion de l’Irak...

L’ombre de Washington plane à nouveau lorsque M. Correa découvre certaines... anomalies. Et, surtout, quand il constate que son état-major lui a menti. La tension atteint son paroxysme lorsque le général Jorge Gabela, commandant de la force aérienne, lui explique que le radar le plus proche de Santa Rosa (zone où se trouvait le campement des FARC) ne fonctionnait plus depuis plusieurs jours parce qu’il était... en maintenance. En limogeant le chef des services de renseignement, le colonel Mario Pazmiño, M. Correa s’emporte : « Il y en a assez de ces services de renseignement qui sont, aussi, financés par l’ambassade des Etats-Unis. (...) Il y a des officiers qui travaillent pour la CIA [Central Intelligence Agency] avant de travailler pour le gouvernement !»
Le président remplace le ministre de la défense Wellington Sandoval par un de ses proches, M. Javier Ponce. Cette reprise en main provoque la démission du chef du commandement conjoint des forces armées et des chefs de l’armée de terre, de la marine et de l’aviation.

Les premières salves s’abattent sur ce président qui dérange. N’a-t-il pas annoncé, lors de sa campagne électorale, qu’il fermerait la base américaine de Manta ? La concession de ce poste d’opération avancé (Foreign Operating Location, FOL en anglais), loué aux Etats-Unis en 1999, arrivera à expiration en 2009. Le 28 février, l’Assemblée constituante réunie pour « refonder le pays » a adopté un article qui établit : « L’Equateur est un territoire de paix qui ne permet pas l’établissement de bases militaires étrangères. » Disposant d’une technologie de pointe, Manta est l’une des pièces maîtresses de l’aide militaire de Washington à la Colombie. Lors de l’opération du 1er mars, la base a permis le contrôle de l’espace aérien.
Bogotá ouvre le feu en annonçant que, lors de son raid, l’armée colombienne a saisi un (il y en aura bientôt trois, et plus...) ordinateur portable appartenant à Reyes. Et que ce matériel a lâché de terribles secrets : les présidents Chávez et Correa entretiennent avec les FARC des liens incestueux.

En l’absence de certitudes surgissent les premières interrogations. Le campement principal de Reyes se trouve en Colombie, à proximité de la frontière. Les FARC disposent, dans cette région du Putumayo, d’innombrables caches, planques, abris et camps. Mais le commandant guérillero passe dans le pays voisin avec (finalement) trois ordinateurs, deux disques durs et trois clés USB. Ne manquent que son coffre-fort et son téléviseur portable ! Le bombardement a fait vingt-trois victimes ; les dix bombes, d’après l’armée équatorienne, ont creusé des cratères de 2,40 mètres de diamètre sur 1,80 mètre de profondeur ; alentour, la végétation est ravagée. Les ordinateurs, eux, ne subissent aucune détérioration. Possible, mais...

Les portables ont parlé. Fer de lance d’une campagne permanente contre les gouvernements progressistes d’Amérique latine, le quotidien espagnol El País ne se pose pas de questions. Le 12 mars, ses lecteurs apprennent sous le titre « Les FARC trouvent refuge en Equateur » que « les guérilleros se déplacent dans le nord de l’Equateur en camionnette, comme l’a constaté un fonctionnaire de l’OEA [Organisation des Etats américains], qui exprime, en privé, son étonnement de croiser, dans des restaurants (comedores) de la zone frontalière, des guérilleros parfaitement équipés ». Ce que ne sauront pas les mêmes lecteurs, c’est que, le 15 mars, dans une lettre adressée au directeur de la publication, le secrétaire général de l’OEA José Miguel Insulza exprime sa « stupeur » et son « indignation » : « Je peux vous assurer que cette affirmation est absolument fausse. L’OEA n’a pas de missions spéciales, ni de fonctionnaires de quelque niveau que ce soit déployés sur la frontière nord de l’Equateur, de sorte qu’il est impossible que quelque fonctionnaire de cette organisation ait pu formuler une telle déclaration. »

Bloquer la négociation

Toujours est-il que Reyes et son groupe de combattants se trouvaient en Equateur. Depuis de longs mois, le commandant guérillero était le principal contact de tous les émissaires français, suisses, espagnols, vénézuéliens, équatoriens qui négociaient avec les FARC la libération de ses prisonniers et otages, parmi lesquels la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

Faisant preuve d’une intransigeance absolue, le mouvement d’opposition armée a longtemps exigé une conversation directe avec le gouvernement colombien. Il y aurait « échange humanitaire » otages contre guérilleros ou rien. Avec un objectif éminemment politique : retrouver, grâce à ce tête-à-tête, un statut de belligérant. Placées en 2002 sur la liste des organisations terroristes, les FARC n’ont jamais accepté cette qualification. Cet « échange » et cette reconnaissance, M. Uribe n’en veut à aucun prix.

La médiation entreprise par M. Chavez, le 31 août 2007, chamboule, en quelques mois, une situation bloquée depuis 2002. La guérilla libère sans conditions sept de ses prisonniers. Faisant dire à Caracas : « Les FARC entrent dans une logique plus “politique”, c’est bon signe pour la suite des événements. » A la grande frustration du président colombien qu’irritent au plus haut point les images d’otages remerciant chaleureusement des membres du gouvernement vénézuélien tout de rouge vêtus.

De fait, à Caracas, les conversations se poursuivaient ouvertement, par l’intermédiaire des commandants des FARC Iván Marquez et Rodrigo Granda . Et parfois même avec Reyes, dans le fameux campement établi sur le sol équatorien. Paris le savait. Quito également. Détail troublant : une semaine avant l’opération du 1er mars, des émissaires français rencontrent à Panamá M. Luis Carlos Restrepo, haut-commissaire pour la paix colombien. Celui-ci insiste auprès de ses interlocuteurs : « Maintenez le contact avec Reyes. C’est lui qui va vous aider, c’est votre homme, c’est lui qui va faciliter la libération d’Ingrid [Betancourt]. » De quoi expliquer l’extrême fureur de M. Correa : « Regardez la bassesse d’Alvaro Uribe ! Il savait qu’en mars douze otages allaient être libérés, dont Ingrid Betancourt. Il le savait et il a utilisé ses contacts pour monter ce traquenard. » Tuer le négociateur a toujours été le meilleur moyen de bloquer une négociation.

Cet aspect de la question va passer au second plan. Le 3 mars, le général Oscar Naranjo, directeur général de la police colombienne, fait un éblouissant numéro devant les journalistes. S’appuyant sur le matériel informatique « saisi près du corps de Reyes », il révèle l’« alliance armée entre les FARC et le gouvernement du Venezuela », ainsi que les liens politiques et économiques (lors de sa campagne électorale) entre M. Correa et la guérilla.

Ni désir de vérité ni réflexe de précaution ! Journaux et télévisions se déchaînent. Sur la base de « documents explosifs » (issus des fameux ordinateurs) aimablement « filtrés » par les services de renseignement colombiens, le quotidien colombien El Tiempo propriété de la famille Santos, à laquelle appartiennent le vice-président Francisco et le ministre de la défense Juan Manuel) et l’espagnol El País mènent le bal.

Dès le 4 mars, El País titre « Bogotá dévoile les appuis des FARC ». Dans « Les papiers des FARC accusent Chávez » (El País, 10 mai), premier article d’une série de Maite Rico, on apprend que « Chavez a approuvé sans un haussement de sourcils [une] demande de 300 millions de dollars (194 millions d’euros) » de la guérilla. Le 12 mai suivra l’article dénoncé par le secrétaire général de l’OEA. On découvrira plus tard que « les groupes liés au chavisme (...) viennent régulièrement [s’entraîner] dans les campements des FARC au Venezuela » (Maite Rico, 11 mai). Il existerait même des listes d’attente pour participer à ces « stages » !

Quand The Economist (« The FARC files », 24 mai) évoque la générosité de M. Chávez 300 millions de dollars à l’égard des FARC, il mentionne comme source de ses informations (exclusives ?) un message de Reyes reproduit dans El País et l’hebdomadaire colombien Semana. Poursuivant son travail d’investigation, il cite un document obtenu par... The Wall Street Journal : « Le ministre de l’intérieur vénézuélien, M. Ramón Rodríguez Chacín, a demandé aux FARC d’entraîner des soldats vénézuéliens aux tactiques de guérilla. » On ignore si The Wall Street Journal a lui-même recopié The Miami Herald, qui a sorti la même affirmation.

Le plus baroque succède au plus improbable. Entre 2000 et 2002, les FARC et Euskadi ta Askatasuna (ETA) ont planifié un attentat à Madrid contre des personnalités colombiennes l’actuel vice-président Santos, l’ancien chef de l’Etat Andrés Pastrana et l’ex-ambassadrice en Espagne Noemí Sanín (El Tiempo, 2 juin). Attentat qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a pas été revendiqué (et pour cause !). Mais les FARC essaieraient d’acquérir de l’uranium pour fabriquer une « bombe sale » (BBC Mundo, 5 mars 2008). Toujours d’après les « documents de Reyes », l’amitié de M. Chávez car on en revient toujours là avec les rebelles colombiens remonte au moins à 1992 : incarcéré pour sa tentative de coup d’Etat (4 février), il a reçu 150 000 dollars des FARC (Le Figaro, 5 mars, et The Wall Street Journal, 11 mars). Sans doute dépensés à la cantine de la prison ! En effet, lors de sa libération, en 1994, sans moyens, il a dû se faire héberger dans un petit appartement du centre de Caracas appartenant à son futur ministre de l’intérieur Luis Miquilena, qui lui a également prêté une voiture.

Tout en se montrant plus prudent dans le corps de l’article, Le Monde (12 mars) chapeaute un texte évoquant un déserteur de la guérilla : « A en croire le déserteur, un chef des FARC, Iván Marquez, et leur dirigeant historique, Manuel Marulanda, séjourneraient au Venezuela. » C’est ce qui restera dans l’esprit du lecteur. Tout comme le titre du Figaro : « Liaisons dangereuses entre les FARC et Chávez » (15 mai).

Inutile de préciser qu’au Venezuela les quotidiens El Nacional et El Universal, comme les chaînes privées Radio Caracas Televisión (RCTV) et Globovisión, boivent du petit lait. Ils relaient avec enthousiasme le gouverneur de l’Etat de Zulia et ex-candidat à l’élection présidentielle Manuel Rosales lorsque celui-ci accuse le président Chávez de « trahison de la patrie ».

L’un des multiples éditoriaux du Washington Post consacrés au Venezuela pourrait résumer à lui seul la nature de cette formidable campagne médiatique : « Si le scandale des ordinateurs est utilisé de manière adéquate [c’est nous qui soulignons], il approfondira le trou dans lequel cette supposée “révolution bolivarienne” est en train de se noyer. »

D’où sortent les documents ?

Oui, mais... Car il y a un « mais ». Comment mettre en doute la véracité de documents dont l’authenticité a été confirmée par l’International Criminal Police Organization plus connue sous le nom d’Interpol ? Argument imparable sur lequel s’appuient tant Bogotá que l’ensemble du grand cirque médiatique. En examinant quelques détails non dépourvus d’intérêt...

C’est le 4 mars que le général Naranjo a sollicité Interpol pour une expertise indépendante du contenu des « huit pièces à conviction informatiques ». L’organisation ayant accédé à cette demande, son secrétaire général, l’Américain Ronald K. Noble, présente son rapport, à Bogotá, le 15 mai. On passera rapidement sur l’hommage appuyé qu’il rend, lors de sa conférence de presse, au général Naranjo, assis près de lui, et au Département administratif de sécurité (DAS), la police politique. Pour la petite histoire, M. Naranjo, ex-chef de la police antidrogue colombienne, a été obligé de démissionner après la détention de son frère Juan David en Allemagne, en mars 2007, pour... narcotrafic. Il est mis en cause par le ministre de l’intérieur vénézuélien, M. Rodríguez Chacín, pour ses liens avec le « narco » Wilmer Varela (assassiné le 29 février 2008). Quant au DAS, son ancien directeur Jorge Noguera a été arrêté le 22 février 2007 pour avoir mis au service des paramilitaires les ressources de la police politique.

D’après le rapport et les déclarations de M. Noble, le champ d’intervention d’Interpol s’est limité à « établir quelles données contenaient les huit pièces à conviction (...) ; à vérifier si les fichiers utilisateur avaient été modifiés de quelque façon que ce soit le 1er mars 2008 ou après cette date ; à déterminer si les autorités colombiennes (...) avaient traité et examiné les huit pièces à conviction (...) conformément aux principes reconnus au niveau international (...). » Mais « la vérification n’implique ni la validation de l’exactitude des fichiers utilisateur [les « documents » !] ni la validation de l’interprétation de quelque pays que ce soit relativement à ces fichiers utilisateur (...) ».

En d’autres termes, les experts d’Interpol (originaires de Singapour et d’Australie, et ne parlant pas espagnol) n’ont pas examiné les contenus. Et pour cause... Dans les 609,6 gigaoctets des huit « pièces à conviction » figuraient : 37 873 documents écrits ; 452 feuilles de calcul ; 210 888 images ; 22 481 pages Web ; 7 989 adresses de courriels (aucune référence à des courriers électroniques, pourtant abondamment cités par les médias) ; 10 537 fichiers multimédias (son et vidéo) ; 983 fichiers chiffrés. « En termes non techniques, un tel volume de données correspondrait à 39,5 millions de pages pleines au format Word de Microsoft et, si la totalité des données saisies étaient au format Word, il faudrait plus de mille ans pour prendre connaissance de toutes à raison de cent pages de lecture par jour. »

Beaucoup pour un seul homme, fût-il Reyes, se déplaçant sans cesse dans la jungle, vivant dans les conditions précaires du guérillero, et qui n’avait que 60 ans lorsqu’il est mort ! Pas trop, néanmoins, pour le gouvernement colombien qui, en quelques heures, puis, ensuite, à jet continu, divulgue les révélations dénichées dans les mémoires informatiques. Pas trop non plus pour nombre de journalistes qui mettent en musique les « documents » (authentifiés par Interpol !) que des mains innocentes leur confient.

Par son manque de rigueur, le rapport laisse parfois perplexe. Ainsi, lorsqu’il mentionne « Reyes et Guillermo Enrique Torres, alias Julián Conrado, commandants des FARC, sont morts pendant l’opération ». Bogotá, qui avait annoncé la mort de Conrado, le 1er mars, a dû démentir après un examen ADN pratiqué sur le seul corps (avec celui de Reyes) rapatrié par son commando. De même, la formule « les FARC ont été déclarées organisation terroriste par la Colombie, d’autres gouvernements et Interpol » mériterait d’être nuancée : cette qualification n’a été adoptée que par les Etats-Unis, la Colombie, le Pérou, l’Union européenne et Israël (trente et un pays), soit 17 % du total des membres d’Interpol (cent quatre-vingt-six pays membres).

Plus significatif encore... Les phrases « Les huit pièces à conviction (…) saisies aux FARC appartenaient à Raúl Reyes » et « les huit pièces à conviction saisies aux FARC » devraient pour le moins être rédigées de la façon suivante : « Les pièces à conviction remises à Interpol par les autorités colombiennes. » L’organisation policière se contente de reprendre la version de Bogotá, aucun témoin n’ayant assisté à la supposée récupération du matériel près du corps des guérilleros. Ce qui arrachera cette exclamation au président Correa, lors de sa visite à Paris, le 13 mai : « Qui va démontrer que les ordinateurs ont bien été trouvés dans le camp des FARC ? »

Dans un premier courrier envoyé à Interpol, le 4 mars, pour solliciter son aide, le général Naranjo évoque « trois ordinateurs et trois  dispositifs de stockage USB ». Dans sa réponse datée du 5 mars, M. Noble accepte, au nom de l’organisation, de faire examiner « trois  ordinateurs et trois clés USB ». Mais, le 6 mars, dans une lettre de la directrice du DAS Maria del Pilar Hurtado à Interpol, le matériel concerné devient « trois ordinateurs portables, trois clés USB et jamais mentionnés jusque-là deux disques durs ». D’où sortent ces disques durs ? Etaient-ils passés inaperçus ?

En substance, le rapport conclut qu’« aucune donnée n’a été créée, ajoutée, modifiée ou supprimée sur aucune de ces pièces entre le 3 mars 2008, à 11 h 45 [jour et heure de leur réception par le groupe d’enquête sur les infractions informatiques de la police judiciaire colombienne], et le 10 mars 2008, lorsque ces pièces ont été remises aux experts d’Interpol afin de créer des images-disques ». Il affirme également que « l’accès aux données (...) [pendant la même période] a été effectué conformément aux principes reconnus au niveau international en matière de traitement des éléments de preuve électroniques (...) ».

Mais entre le 1er (date de la saisie supposée) et le 3 mars ? Un agent de l’unité antiterroriste colombienne « a accédé directement au contenu des huit pièces à conviction (...) dans des conditions d’extrême urgence »  et elles ont toutes été connectées à un ordinateur « sans création préalable d’une image de leur contenu et sans utilisation de matériel de blocage en écriture » . De sorte que, durant ces trois jours, « l’accès aux données (...) n’a pas été effectué conformément aux principes reconnus au niveau international ». Fâcheux lorsqu’on découvre que 48 055 (!) fichiers ont été créés, ouverts, modifiés ou supprimés (lire « Bidouillages informatiques »).

Aucun tribunal ne pourrait s’appuyer sur les résultats d’un tel rapport pour juger quiconque ou quelque pays que ce soit. Mais la rumeur court, faisant les gros titres. Elle n’en finit pas d’être alimentée, atteignant l’Equateur et, surtout, le Venezuela. Si, aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies pour que ce pays entre dans la catégorie des « Etats terroristes » ou des « Etats voyous », cette campagne en crée les conditions dans l’opinion publique. En fait, analyse M. Maximilien Arvelaiz, proche conseiller du président Chávez, « George Bush veut à tout prix laisser des bombes à retardement pour que, quelle que soit l’issue de l’élection de novembre, il soit très difficile d’infléchir la politique des Etats-Unis vis-à-vis du Venezuela ».

Dans un autre registre, cette « psy-op » (opération psychologique, dans le jargon de l’espionnage) rend très difficile la reprise de négociations pour la libération des otages, le Venezuela et l’Equateur se trouvant de fait écartés sauf surprise, jamais impossible dans un tel imbroglio d’une quelconque médiation.

Maurice Lemoine, Le Monde Diplomatique

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lundi

Le Nicaragua pour les Nuls

 

La Revanche de Montezuma

Le 16 mars 1988, il y a vingt ans aujourd'hui, le colonel Oliver North et l'amiral John Poindexter de l'armée des État-Unis étaient inculpés de multiples chefs d'accusation pour le rôle sinistre qu'ils avaient joué dans la guerre sale, l'affaire Iran-Contra, également connue sous le sobriquet de « Irangate ».

Le Nicaragua pour les Nuls

Les aborigènes Nicarao s'installent dans la région 4000 ans avant JC. Ils y vivent plutôt paisiblement jusqu'en 1502, date du débarquement d'un certain Christophe Colomb. Le conquistador Francisco Hernández de Córdoba entreprend de coloniser ces terres et fonde deux villes en 1524 (Granada et León). Mais il se retrouve rapidement en compétition avec d'autres pillards espagnols et termine sa carrière décapité par un rival. Les aborigènes qui ne furent pas assassinés devinrent tout bonnement des esclaves, sur les plantations ou au fond des mines.  Après avoir fait partie des différentes incarnations des administrations coloniales espagnoles, le Nicaragua devient une république en 1838. C'était la mode, à l'époque. En 1856, le rigolo aventurier William Walker, vague ancêtre de monsieur W. Bush, organise un coup d'état financé par Vanderbilt, qui voit l'occasion de créer une ligne maritime qui relierait l'Est à l'Ouest des États-Unis. Walker trahit Vanderbilt, qui se fâche, et Walker est exécuté après une longue et humiliante fuite.

En 1909, le vilain président Zelaya prévoit instituer une loi qui régirait l'accès des firmes étrangères aux ressources naturelles du Nicaragua. Les États-Unis organisent généreusement un coup d'état, histoire de prévenir cette infamie, et renversent son gouvernement. De 1912 à 1933, le pays est occupé par les bons Marines, qui assurent le maintien du bon droit, de la démocratie et de la poursuite du bonheur, conformément à leurs idéaux. Le Nicaragua a pendant cette époque la formidable opportunité de devenir une colonie occupée par l'oncle Sam, ce qui favorise vachement la santé publique, le développement durable, les droits des minorités et l'égalité des chances.


De 1925 à 1933, le libéral Augusto César Sandino dirige une révolte populaire et nationaliste, qui parvient éventuellement à chasser les Marines du pays. Mais au cours des négociations de paix, l'homme de paille des États-Unis, Anastasio Somoza García, le fait assassiner. Hi, hi ! nono ! Soutenue par la Garde Nationale (une sinistre cohorte d'escadrons de la mort, entraînés, financés, dirigés et soutenus par les États-Unis), la famille Somoza règne ensuite de façon despotique de 1936 à 1979. La santé publique perd son rang au sein des priorités, mais demeure assez bonne, du moins pour les Somoza et leurs domestiques. La démocratie, au cours de ces 43 ans, fait preuve d'une remarquable stabilité et l'économie, bien qu'inexistante, est jugée « super-méga-chouette » par les propriétaires des transnationales.

La révolution Sandiniste populaire du FSLN, commencée en 1961, finit par avoir raison des Somoza et de la Guarda Nacional. Au moment de la prise du pouvoir par Daniel Ortega, le Nicaragua est le second pays le plus pauvre de toutes les Amériques, juste derrière Haïti. Écoles, terrains de jeux, pluralisme, distribution des richesses, hôpitaux, élections, ces monstres de Sandinistes se permettent toutes les bassesses pour faire de la peine aux bons mon oncles en charge de fabriquer le rêve américain. Les Sandinistes exagèrent pas mal, dans le trip « bon gestionnaire », en subventionnant l'industrie privée et le commerce, et en honorant la titanesque dette nationale. Ces provocations dépassent les bornes, et la CIA entreprend de constituer une armée de mercenaires redoutables. Ces « combattants de la liberté », tels que les appelle George HW Bush, alors vice-président, ces héros sans peur et sans reproche, s'attaquent en premier lieu aux pires éléments de cette répression marxiste d'inspiration soviétique qui sévit dans le pays : les sages-femmes. On en tue autant que possible, et grâce aux missiles, aux hélicoptères, aux lance-flammes que fournit l'once George, ce rêve devient possible.

Augusto César Sandino, General de hombres libres

Augusto César Sandino, General de hombres libres

C'est alors que le Congrès des États-Unis (un véritable nid de socialistes enragés), interdit au gouvernement américain de fournir des armes aux Contras (pourtant de méritants et courageux assassins de profs d'écoles). En haut lieu, on connaît la menace que représentent les organisateurs de coopératives de maïs. C'est pourquoi on trouve une façon de financer les Contras, à l'insu du Congrès. De façon, disons, illégale. Grosso modo, la CIA organise un réseau de vente de cocaïne colombienne, dont les profits vont à acheter des armes qu'on vend à l'Iran (alors comme aujourd'hui un faux ennemi des É-U, qui joue le vilain dans la pièce de guignol) et l'argent de ces armes va directos aux braves et opiniâtres empoisonneurs de puits Contras.

L'affaire éclate au grand jour, les médias font la danse du bacon, la tivi s'énerve. Un procès-gag est organisé, quelques tapes sur les doigts sont promises, mais par la suite oubliées. Le grand dirigeant du projet, George HW Bush, devient président des ÉU. Reste le réseau de vente de coke, qui — à ce qu'on sache — opère toujours, et également une sorte de principe systémique, qu'il vaut la peine de garder en mémoire, surtout quand on songe que la culture de l'héroïne, presque disparue sous les Talibans, a repris de plus belle depuis l'invasion de l'Afghanistan par nos courageux soldats. L'un des dirigeants relaxés par l'enquête du Irangate, malgré des preuves plutôt solides contre lui, s'appelait Robert Gates, il est aujourd'hui directeur de la CIA.

Et vogue la galère !

crachtitre

dimanche

ALBA, rompent les relations avec le FMI

 

De plus en plus de pays d’Amérique latine rompent les relations avec le Fond Monétaire Internationale

De plus en plus de pays d’Amérique Centrale et du Sud refusent de faire le jeu de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International (FMI). Le Venezuela, Cuba, la Bolivie, l’Equateur, l’Argentine, le Brésil et le Nicaragua s’opposent ainsi à la domination économique dont les États-Unis cherche à obtenir dans la zone.

La coalition entre Hugo Chavez (le président du Venezuela), Fidel Castro (le président de Cuba jusqu’en février 2008), Evo Morales (le président de la Bolivie), Rafael Correa (le président de l’Equateur) et Daniel Ortega (le président du Nicaragua), ainsi que les relations économiques entre ces pays et les principales forces économiques de la région l’Argentine et le Brésil dresse un grand obstacle en face de l’ambition des États-Unis de dominer de point de vue économique. La presse corporatiste a toujours crée une image négative à ces président, en les présentant comme une menace envers la démocratie ou même comme des dictateurs et des terroristes.

Entre les années 1960 et 1980, avant que la FMI et la Banque Mondiale implantent une politique économique dans la région, le revenu moyen par habitants connaissait une croissance de 82%. De 1980 a 2000, la période dont le FMI et la Banque Mondiale sont intervenus dans la région sous prétexte d’une croissance économique, le revenu moyen par habitant a augmente de 9%, et entre 2000 et 2005 une augmentation seulement de 4%

L’adoption de la politique économique du FMI a eu une conséquence désastreuse pour l’Argentine

L’Argentine est un des plus claires exemples des effets des politiques criminelles pratiquées par le FMI. En 1991 à 1998, le pays a adopte consciencieusement les réformes recommandées par le FMI, en incluant des privatisations à grande échelle. L’économie a augmenté substantiellement dans cette période, mais au début de 1998, elle a connu un crash terrible. À la fin de 2001, l’Argentine avait plus de 100 milliards de dollars de dettes, la monnaie nationale s’était effondrée et la majorité des gens vivaient sous le seuil de la pauvreté, dans un pays qui était, avant que le FMI soit venu, un des plus riche de l’Amérique latine. Par la même occasion, il a été possible que la Roumanie, un pays qui en 1989 n’avait aucune dette extérieure, a atteint en janvier 2001 (après 18 ans) une dette extérieure de 80 milliards d’euro.

C’est quand le président de l’Argentine, Nestor Kirchner a refusé d’appliquer la politique du FMI, l’économie a commencé à se redresser. Dans les dernières années, elle a affronté toutes les prévisions du FMI, et les 47% en plus, l’ont transformé dans le pays avec la croissance économique la plus rapide de l’hémisphère occidental et a sorti 9 millions de gens de la pauvreté. Ces résultats ont déterminé l’Argentine, en janvier 2006, à rompre toutes les relations avec le FMI.

Le Venezuela a récupéré le contrôle sur le pétrole national

L’exemple de l’Argentine a été aussi suivi par d’autres pays de la région. En avril 2007, Hugo Chavez, le président du Venezuela a annoncé que lorsque il va payer les dettes à la Banque Mondiale et au FMI, le pays va rompre complètement les relations avec ces institutions. Ainsi Chavez a tenu sa promesse faite en 1998, de remettre le Venezuela sur le chemin d’une croissance solide, par la renationalisation de l’industrie pétrolière. Avec toute l’opposition acerbe de la part des États-Unis face au mouvement de Chavez, qui est allé jusqu’a un coup militarisé soutenu financièrement par les États-Unis en 2002, le gouvernement du Venezuela a récupéré le contrôle sur ses ressources pétrolières, qui jusqu’à maintenant remplissait le portefeuille des États-Unis. Grâce à cet événement, l’économie du Venezuela a augmenté de 38% dans les trois dernières années, malgré toutes les prédictions du FMI.

À l’aide de l’argent entré dans la trésorerie du pays grâce à cette nationalisation, Chavez planifie de mettre en place une institution d’emprunt régional, conduite par la nation latino-américaine. La réserve de 50 milliards de dollars du Venezuela assure déjà un support financier pour les pays de la région, sans imposer des conditions exploitables ce que fait l’Organisation Mondiale du Commerce, la Banque Mondiale et le FMI.

De plus en plus de pays de l’Amérique latine rompent les relations avec le FMI

Depuis décembre 2005, lorsqu’il a payé toutes ces dettes, le Brésil s’est libéré aussi de l’influence désastreuse du FMI. « J’ai payé cette dette pour montrer au monde que ce pays a un gouvernement et il est le seule à décider », a dit Luiz Inácio Lula da Silva, le président du Brésil.
Et le nouveau président de l’Équateur, Rafael Correa a gagné les élections avec l’aide d’une plateforme anti-privatisation et anti-bases militaires américaines sur le territoire du pays. L’Équateur a commence a payé ses dettes au FMI et a annoncé qu’immédiatement après, il va renoncé à ne plus faire de nouveaux emprunts à celui-ci. En avril 2007, Correa a virée la représentante de la Banque Mondiale de Quito après qu’il a découvert qu’elle soutirait des fonds, sous le prétexte des reformes dans le secteur pétrolier.

En avril 2006, Evo Morales, le président Bolivien a annoncé que le pays va rompre les relations avec le FMI et va rejeter tout accord de libre-échange avec les États-Unis. À la place, il a été crée le «Traité de commerce du peuple bolivien » (PTA) qui encourage la culture autochtone et la souveraineté nationale. L’argent obtenu des activités commerciales internationales est utilisé pour améliorer les conditions de vie des citoyens de Bolivie, non pas pour payer les dettes immenses à un organisme du genre FMI.

En Bolivie, une loi datée de 2005 sur les hydrocarbures a fait croître les taxes que les sociétés étrangères doivent payer au gouvernement bolivien pour pouvoir fonctionner sur le territoire de ce pays. Bien que cette loi a mis en colère les sociétés étrangères, et surtout les sociétés américaines, elle a apporté au gouvernement bolivien dix millions de dollars avec lesquels il a été possible de payer les dettes envers le FMI et la Banque Mondiale.

En avril 2007, la Bolivie, le Venezuela et le Nicaragua ont décidé de se retirer du Centre International pour le Règlement des Différents aux Investissements (CIRDI) (International Center for Settlement of Investment Disputes, ICSID) logé par la Banque Mondiale. Cette décision vient dans la continuité des mouvements sociaux de 2001, qui ont culminé avec la chasse de la société Bechtel en Bolivie. À son tour Bechtel a donné en jugement la Bolivie à ICSID. Justement le fait que cette institution a prouvé être partial, en agissant en la faveur de la société, a déterminé les pays respectifs à rompre les relations avec de tels organismes de façade.

Ce qui c’est passé dans ces pays représente un sérieux avertissement pour d’autres États à rompre à leur tour leurs relations avec de tels organismes internationaux, dont les politiques se sont avérées à être dangereuses et désastreuses. La presse corporatiste évite de divulguer ces informations.

Par Mihai Vasilescu

 

YOGAESO

jeudi

Monopole sur l’eau de la Planète

 

La Banque Mondiale et les méga-sociétés mettent le monopole sur l’eau de la planète

La consommation globale d’eau double tous les 20 ans, ayant une croissance deux fois plus grande que celle de la population du globe. Selon les statistiques de l’ONU, plus d’un milliard d’individus n’ont pas suffisamment d’eau à boire. Les réserves sont limitées et si on maintient le même rythme de pollution, jusqu’en 2025 la demande d’eau fraîche sera 56% plus grande que la quantité d’eau disponible. De plus en plus de pays sont obligés de passer leurs précieuses ressources d’eau dans la main de certaines méga-sociétés. Celles-ci agissent sous la protection de la Banque Mondiale et de l’Organisation Mondiale du Commerce pour privatiser l’eau de la planète et pour la transformer en une marchandise rentable.

La société Bechtel obtient des profits abusifs en faisant du commerce de l’eau

Loin de contribuer à la réduction de la pollution ou à l’arrêt du gaspillage de l’eau, les grandes sociétés pensent seulement comment profiter de cette situation. Des compagnies comme Monsanto ou Bechtel mènent une lutte acerbe pour monopoliser les ressources d’eau de la planète, et la Banque Mondiale fait tout son possible pour les soutenir. En 2001, la Banque Mondiale a élaboré une stratégie de privatisation des eaux, qui heurte puissamment dans les pays du tiers Monde, déjà suffisamment pauvres.

Bechtel LogoBechtel Group Inc. est une des méga-sociétés impliquées dans les affaires avec de l’eau et a à son actif une longue liste d’abus contre le milieu naturel et les personnes, dans sa chasse au profit. La revue Engineering News-Record décrit Bechtel comme la plus grande compagnie de construction des USA et la plus grande compagne privée de Californie de Nord. Bechtel a été impliquée dans les méga-projets comme : le gazoduc naturels d’Alaska, le gigantesque barrage du Grand Canyon, le pont du golfe de San Francisco, les oléoducs d’Algérie, de Zambie et d’Irak, les sites d‘essais nucléaires du Nevada, des prospections pour la plus grande mine d’or du monde en Nouvelle Guinée etc.

D’après les statistiques, Bechtel a signé 19.000 contrats durant ces 100 dernières années. Leur principale particularité est que la plupart d’entre-eux sont prévus pour l’exécution d’ouvrages avec de l’argent public. Un autre dénominateur commun est que les factures sont gonflées ; exécutés par une autre société les ouvrages auraient coûté moins cher. Pourtant, Bechtel arrive à toujours à obtenir ce genre de contrats à cause de la corruption du milieu politique. Les gouvernants qui approuvent ces contrats reçoivent leur obole il s’agit d’argent public, c’est la seule chose qui les intéresse.

La branche de San Francisco de cette méga-société a été engagée pour gérer le système hydrologique de la ville de Cochabamba, en Bolivie, après que la Banque Mondiale ait imposé à ce pays la réalisation de privatisations massives. Une fois devenue souverain sur les ressources d’eau, Bechtel a massivement augmenté les prix. Plusieurs organisations pour la défense des droits de l’homme sont descendues dans la rue. Initialement les manifestations ont été étouffées par les forces armées, un jeune de 17ans est mort. Mais après quatre mois, le gouvernement bolivien a réussi à rompre toute relation avec Bechtel et à éloigner la compagnie de Cochambamba.

L’eau est un droit fondamental de l’homme

Ce cas sans précédent a mis à l’attention de l’opinion publique internationale le danger de la privatisation de l’eau, même si la presse corporatiste s’est donné du mal pour discréditer les protestataires boliviens, en les qualifiant constamment de trafiquants de drogues. De plus en plus d’organisations pour la défense des droits de l’homme et de la nature ont pris position. De nombreux fermiers, des écologistes, des représentants des populations indigènes de divers pays, des travailleurs sociaux et des activistes des droits de l’homme ont formé un mouvement nommé le Projet Planète Bleue (Blue Planet Project. Au forum intitulé L’eau de la Planète (World Water Forum), qui a eu lieu à La Haye en mars 2000, ceux-ci ont milité pour le droit de l’humanité à une eau propre.

Maude Barlow, la présidente du Conseil des Canadiens le plus grand groupe de défense des droits de l’homme de Canada a sollicité que les gouvernements du monde entier déclarent l’eau comme un droit fondamental de l’homme et d’empêcher toute action de privatisation et de commercialisation mercantile d’une substance essentielle à la vie. En réalité, a-t-elle continué, les gouvernements cèdent le contrôle sur les ressources et les réserves d’eau, en signant des traités commerciaux, comme l’Accord Nord Américain pour le Libre Commerce (NAFTA), ou en réalisant des partenariats avec des institutions comme l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Ces ententes accordent aux sociétés multinationales des droits sans précédent sur les ressources se trouvant dans les pays en question, y compris l’eau.

de Mihai Vasilescu

 

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